Une exposition au MET invite à mieux connaître la culture chinoise traditionnelle

唐 韓幹 照夜白圖 卷 Le coursier " blanc à illuminer la nuit ", peinture de Han Gan, artiste chinois en activité aux alentours de 742–756, sous la dynastie Tang (618–907), environ 750 parchemins ; encre sur papier. The Metropolitan Museum of Art. (Avec l'aimable autorisation de The Metropolitan Museum of Art)

L’exposition présentée au MET jusqu'en octobre 2016, réunit 110 œuvres au pinceau chinois, allant de la dynastie Tang à la dynastie Qing (1644-1911). Tony Dai, marchand et collectionneur d’art chinois en a salué l’importance historique.


Une œuvre originale datant de 1300 ans

Parmi les trésors présentés au MET Je crois que Le coursier ‘blanc à illuminer la nuit’ est l’une des plus importantes peintures de l’histoire chinoise et l’une des plus précieuses dans le monde , s’est enthousiasmé Dai.


Le coursier " blanc à illuminer la nuit", a plus de 1300 ans. Peint sur du papier de riz, il est une fine représentation de la monture préférée de l’empereur Xuangzong, qui a régné de 712 à 756.


Dai explique que de nombreuses œuvres prétendument peintes sous la dynastie Tang sont en réalité, d’après les spécialistes, des copies datant de la dynastie Song. Mais cette fois-ci, tous s’accordent à dire que Le coursier " blanc à illuminer la nuit" est bien une œuvre originale de Han Gan, ayant donc survécu depuis la dynastie Tang.


Le nombre d’estampilles rouges qui y figurent est une indication du nombre de ses acquéreurs. L’un d’entre eux représente d’ailleurs le sceau de l’empereur Qianlong qui a régné de 1735 à 1796, pendant la dynastie Qing. Qianlong aurait acquis cette peinture qu’il considérait comme un trésor de sa collection. D’autres sceaux, d’après Dai, proviennent d’amateurs d’art ayant vécu sous la dynastie Ming (1368-1644) et sous la dynastie Qing.


Le cheval est aussi le sujet d’un célèbre triptyque, présent à cette exposition. Chevaux et palefreniers a été peint sous la dynastie Yuan (1271-1368) par des artistes de la même famille, dont l’un n'est autre que le légendaire Zhao Mengfu (1254-1322).


元 趙孟頫 趙雍 趙麟 吳興趙氏三世人馬圖 卷 Chevaux et palefreniers, encre et peinture sur parchemin, de Zhao Lin, Zhao Mengfu et Zhao Yong, réalisés entre 1296 et 1359, sous la dynastie Yuan (1271-1368). The Metropolitan Museum of Art. (Avec l’aimable autorisation de The Metropolitan Museum of Art)

Une sélection d’œuvres de la dynastie Ming (1368-1644) compte parmi elles le Rassemblement élégant dans le jardin d’abricot, œuvre rare et célèbre du 15e siècle, décrivant avec de somptueux détails la vie des nobles et des lettrés.

明 傳謝環 杏園雅集圖 卷 Rassemblement élégant dans le jardin d’abricot, encre et peinture sur soie (env. 1437) réalisée par Xie Huan, sous la dynastie Ming (1368-1644). The Metropolitan Museum of Art. (Avec l’aimable autorisation de The Metropolitan Museum of Art)


Le contenu de "Narcisses"

La peinture Narcisses est une œuvre qui a été largement reproduite. Il s’agit d’un parchemin entièrement recouvert de fleurs et de feuillages qui se chevauchent, ondulant sous l’effet du vent. Cette peinture est aussi chargée d’une forte signification historique. Elle a été réalisée par Zhao Mengjian (1199-1264), membre de la famille impériale Song, peu de temps avant la chute de la dynastie Song du sud (1127-1279). Elle a donc été associée à la loyauté envers la dynastie en déclin.

Narcisses, encre sur parchemin, réalisée à la moitié du 13e siècle par Zhao Mengjian (1199-1264), ayant vécu sous la dynastie des Song du sud (1127-1279). The Metropolitan Museum of Art. (Kati Vereshaka/Epoch Times)


Dai a également souligné que pour les intellectuels chinois, le narcisse représente à la fois une moralité élevée et l’immortalité, la prononciation du nom de la fleur en mandarin étant semblable à celle du mot immortalité.


La dernière galerie rend hommage à la dynastie Qing (1644-1911). Deux parchemins imposants couvrent le mur sur plus de 15 mètres de long. C’est une occasion rare de voir ces pièces appartenant à la cour impériale Qing. Elles dépeignent les voyages d’inspection de l’empereur, Kangxi (règne 1662-1722), dans les contrées sud de l’empire.


Achevés en 1698, ces parchemins ont été peints par Wang Hui (1632-1717) et ses assistants pour représenter les épisodes du second voyage de Kangxi, de Ji’nan au Mont Tai. Leur valeur ne provient pas seulement de leur mérite artistique mais aussi du fait qu’ils ont été commandés par l’un des empereurs les plus respectés de Chine.

清 王翬 等 康熙南巡圖 (卷三 : 濟南至泰山) 卷 Wang Hui (1632-1717) aidé de ses assistants ont représenté en 12 épisodes la visite d’inspection de l’empereur Kangxi dans les contrées sud de la Chine. Ici, le troisième fragment de parchemin, de Ji’nan au Mont Tai. Cette œuvre a été achevée en 1698, sous la dynastie Qing (1644-1911). The Metropolitan Museum of Art. (Avec l’aimable autorisation de The Metropolitan Museum of Art)


Le témoignage visuel du règne de Kangxi

Kangxi, le deuxième empereur de la dynastie Qing, est connu pour avoir été l’empereur le plus cultivé de la Chine. Des documents historiques nous renseignent sur le fait qu’il savait déjà lire à 5 ans et que lorsqu’il accéda au trône, il en avait alors 8, il se consacra corps et âme à ses études.


Le règne long de 60 ans de l’Empereur Kangxi apporta la stabilité au pays, et la littérature chinoise et l’art y connurent un grand épanouissement. L'Empereur Kangxi était aussi féru d'annales historiques et compila ce qui est considéré comme étant le plus grand dictionnaire à ce jour – le dictionnaire Kangxi. Il entreprit également de nombreuses visites à travers l’empire, qui lui permirent de stabiliser le règne mandchou à travers le pays, tout en étendant les frontières de la Chine.


Un des fragments de parchemin exposé nous offre un aperçu du voyage de l’empereur de Jinan au Mont Tai; il fait partie d’un ensemble de 12 rouleaux, véritable témoignage visuel du règne de Kangxi. La société y est représentée comme étant harmonieuse et bien ordonnée.


Marcher le long de ces scènes successives est une expérience quasi cinématographique et touchante. Imprégnées de sérénité et d’ordre, elles invitent le spectateur à pénétrer dans un monde restitué avec force détails. Il s'y trouve une vivacité et un contraste de couleurs très différents des œuvres des siècles précédents.


L'exposition dans son ensemble est une invitation irrésistible à mieux connaitre la culture chinoise traditionnelle car, selon Dai, pour tenter de comprendre la peinture chinoise, il faut comprendre également la culture chinoise.


Lorsque les artistes chinois apprenaient à peindre, leur maître commençait par leur enseigner comment être un homme de bien dans la société, comment être un lettré, avant même d’apprendre la technique rappelle Dai. Donc quand vous regardez une peinture chinoise ce n’est pas seulement la technique ; mais l’histoire, la culture traditionnelle chinoise et la moralité derrière ces œuvres qui vous touchent.


"Les chef d’œuvres de la peinture chinoise"resteront visibles au MET (The Metropolitan Museum of Art) jusqu’au mois d’octobre 2016.

Version anglaise :
The Oldest and Most Important Chinese Painting Masterpieces at the MET

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