Un ex-espion démissionne du Parti communiste chinois

Li Fengzhi, un ex-espion au sein du ministère de la Sécurité d'État chinois, a démissionné publiquement du Parti communiste chinois. (Courtoisie de Li Fengzhi)

Motivé par son amour pour la Chine, son dégoût du régime au pouvoir et son sentiment de culpabilité d'avoir fait partie de ce système, un ex-espion a démissionné publiquement du Parti communiste chinois (PCC) en exhortant ses collègues à faire de même.

Li Fengzhi, un ex-agent de renseignement du ministère de la Sécurité d'État chinois (MSÉ), a annoncé sa démission du PCC le 11 mars 2009, ajoutant son nom à plus de 50 millions d'autres.

M. Li, qui habite maintenant aux États-Unis, affirme que le PCC le harcèle et le menace depuis qu'il a quitté son poste au sein du MSÉ. Ce climat malsain ne l'a toutefois pas refroidi et il a finalement décidé de démissionner du PCC publiquement.

«Parmi plusieurs autres facteurs, ma conscience est la raison la plus importante pour laquelle j'ai démissionné», raconte M. Li. «Démissionner du PCC est vraiment un geste patriotique et un effort pour sauver la Chine. Me dresser contre le PCC est la meilleure manière de démontrer ma loyauté envers mon pays.»

Le père de Li Fengzhi, l'ingénieur à la retraite Li Shuchen, a également démissionné du PCC dernièrement et a encouragé son fils à suivre ses pas au nom de la justice et de la liberté.

«Personne, ayant une expérience professionnelle comme la mienne, a ouvertement dénoncé le PCC», laisse entendre M. Li. «Je suis fier et heureux d'être le premier. J'espère seulement que ce que je fais pourra aider, inspirer et encourager d'autres gens.»

En 2005, un ex-policier chinois ayant travaillé pour le Bureau 610, un organe du genre gestapo dédié à la persécution du Falun Gong, avait fait une sortie publique après s'être exilé en Australie. Hao Fengjun, qui avait comme tâche de colliger des renseignements concernant des pratiquants de Falun Gong au Canada, en Australie et aux États-Unis, avait également démissionné publiquement du PCC.

M. Hao avait été inspiré à l'époque par la défection en Australie du diplomate chinois Chen Yonglin, ayant lui aussi révélé l'étendue du réseau d'espionnage de Pékin ciblant les mouvements dissidents à l'étranger.

Dans son entretien avec La Grande Époque, M. Li a peu révélé des pratiques d'espionnage de la Chine et a plutôt mis l'accent sur les raisons qui l'ont poussé à s'exprimer publiquement.

Il dit avoir été impliqué dans la collecte de renseignements politiques et économiques. «Les agences de renseignement des autres pays sont au service du pays, mais en Chine le MSÉ ne sert que le PCC – très souvent par des moyens non éthiques – et ne sert pas les intérêts du pays.»

«Les ministères de la Sécurité d'État et de la Sécurité publique sont supposés protéger le bien-être du pays et de la population», estime Li Fengzhi, «mais ces agences sous le contrôle du PCC sont devenues des outils politiques utilisés contre la population. Les exemples abondent.»

Rejoignant les propos de Chen Yonglin et Hao Fengjun, Li Fengzhi assure que les Chinois vivant à l'étranger ne sont pas à l'abri du réseau d'espionnage de Pékin. «N'importe qui peut être utilisé comme un espion», mentionne-t-il. «Par exemple, les forces diplomatiques du PCC ont fait beaucoup d'efforts pour amadouer et corrompre les associations étudiantes chinoises. Je souhaite, et je crois, qu'un jour les jeunes étudiants – incluant les soi-disant patriotes qui ont cru les mensonges du PCC – se réveilleront et verront le vrai visage du PCC.»

M. Li affirme que le régime chinois a envoyé de nombreux espions pour infiltrer les groupes de pratiquants de Falun Gong à l'étranger afin de collecter des informations et causer des dommages. «Jiang Zemin [ex-dirigeant chinois] avait l'habitude de se vanter de cela, mais les gens ont ensuite réalisé qu'une telle forme d'espionnage ne fonctionne pas contre le Falun Gong», explique-t-il.

M. Li croit que la persécution du Falun Gong est cruelle est épouvantable, mais même le PCC a réalisé qu'il ne pouvait éliminer le groupe spirituel.

«Je crois que le mal ne peut pas triompher du bien», dit-il. «La persécution du Falun Gong est une tache morale de même qu'un échec stratégique. Contrairement à l'intention du PCC d'annihiler le Falun Gong, la persécution a en fait aidé le Falun Gong à se renforcer.»

«Le PCC est maintenant pris avec la persécution, étant incapable de poursuivre ou de mettre fin aux mauvaises choses qu'il a faites. Je suis confiant qu'un jour le peuple chinois va recouvrer la liberté de croyance.»

Déclaration

Dans sa déclaration annonçant sa démission du Parti communiste chinois, Li Fengzhi a écrit : «Depuis sa fondation, le PCC a agi contre les valeurs morales universelles des êtres humains. Avec sa dictature, le PCC a réprimé les droits de l'homme et privé le peuple chinois de leurs droits de liberté et de démocratie.

«Le PCC a sans cesse trompé les gens avec des mensonges éhontés et a, sans scrupule, ruiné la culture authentique chinoise. C'est la source de plusieurs crises sociales, économiques et morales dans la Chine d'aujourd'hui. La persécution des gens sans défense qui agissent au niveau populaire, des groupes religieux et des dissidents s’aggrave chaque jour.

«La dictature du PCC a longtemps été la véritable barrière au progrès et au développement de la Chine. Ainsi, j'annonce solennellement ma démission du PCC et de ses organisations affiliées, en appui aux organisations et aux individus consciencieux comme mon père, et par solidarité avec ceux qui ont été ou qui sont toujours persécutés et réprimés par le PCC. J'espère que ma détermination pourra éveiller plus de gens consciencieux.»

L'entièreté des propos recueillis de Li Fengzhi est disponible en anglais à ICI

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