Une artiste de Shen Yun dénonce une décennie de persécution contre sa famille.

Photo de la virtuose d’erhu de Shen Yun Performing Arts, Mei Xuan et de son époux, Jiang Feng.

Le beau et mystérieux son de l’erhu flottait à travers le théâtre alors que les doigts de la musicienne glissaient doucement sur les cordes. Le tempo de la musique s’est accéléré de plus en plus, comme des fleurs s’épanouissant largement au printemps, jusqu’à son apogée—et soudain, la musique s’est tue. Le public est resté absolument silencieux pendant quelques instants avant qu’un tonnerre d’applaudissements prolongés n'emplisse la salle.

Le soir du 13 février, l’élégante dame chinoise jouant de l’instrument chinois à deux cordes sur la scène du Bezemes Family Theater à Saint Louis, était Mei Xuan, soliste d’erhu de Shen Yun Performing Arts de New York.

Elle et sa musique sont si élégantes et raffinées—qui pourrait deviner qu’elle a enduré 4 ans de travail épuisant dans une obscure prison chinoise et a même subi des tortures inimaginables.

En fait, elle n’est pas la seule dans sa famille à avoir autant souffert. Elle a raconté son histoire à Epoch Times lors d'un entretien alors qu’elle était en tournée avec Shen Yun.


Une famille souffre pendant 10 ans

‘’Dans le but d’interférer avec la tournée mondiale de Shen Yun, le régime communiste chinois a non seulement kidnappé mon époux, Jiang Fen, le 18 février, il a aussi menacé toute ma famille. Ma mère a été kidnappée un mois avant que Shen Yun ne débute sa tournée mondiale, et cela a amené mon père à devoir s' aliter’’, a déclaré Mei Xuan.


Mei Xuan a dit que depuis qu’elle avait rejoint la tournée mondiale de Shen Yun en 2008, la police de la sécurité nationale du régime chinois n’a jamais cessé de harceler sa famille. ‘’La police s'est rendue dans l’entreprise de ma sœur et au bureau de mon frère de nombreuses fois, leur demandant d’exercer des pressions sur moi pour que je quitte Shen Yun.’’

Mais tous dans la famille de Mei Xuan soutiennent ce qu’elle fait, ainsi ‘’leur interférence n’a pas marché’’, a t-elle déclaré.

Mei Xuan se préparait à voyager avec Shen Yun en novembre 2009, lorsqu’elle a appris que sa mère avait été arrêtée à nouveau et détenue dans un centre de lavage de cerveau dans la province d’Anhui. La police l’a menacée et incitée à exercer des pressions sur Mei Xuan pour qu’elle retourne en Chine. Ils lui ont dit : ‘’Si Mei Xuan revient en Chine, toutes les pertes que vous avez endurées dans le passé seront compensées. Le titre d’ ‘’Interprète de première classe nationale’’ de Mei Xuan peut être restauré, et elle peut retrouver l’emploi qu’elle avait auparavant au gouvernement.’’

Sa mère a répondu qu’elle ne savait rien de ce que sa fille faisait aux Etats-Unis, et qu’elle ne conseillerait absolument pas à sa fille de revenir en Chine.

Une fois, le père de Mei Xuan a eu une attaque cardiaque, lorsqu’il a appris que la police l'avait emmenée en garde à vue. Elle a dit que 20 agents de police avaient fait irruption à son domicile, un jour, arrêtée et avaient saccagé son domicile. Ils ont pris un ordinateur, une imprimante, des livres, des bordereaux de dépôts bancaires et des liquidités.

Lorsque son père a vu le chaos, il s’est assis par terre, souffrant de toute évidence d’une attaque cardiaque. ‘’En dépit de la condition critique de mon père, la police m’a emmenée de force, simplement parce que je suis une pratiquante de Falun Gong déterminée.’’

Son père a été durement frappé de nombreuses fois et a finalement développé un œdème. Bien qu’on lui ait affirmé qu’il ne lui restait que deux ans à vivre, il a survécu pendant huit ans. Elle a affirmé qu’il était celui qui lui donnait toujours de l’argent et des vêtements lorsqu’elle était en détention. Lorsque son épouse a été enlevée et emmenée dans un centre de lavage de cerveau en novembre dernier, cependant, c’en était trop pour lui, et il tombé extrêmement malade. Mei Xuan ne pouvait s’empêcher de pleurer en pensant à la condition de son père et son désir qu’elle revienne à la maison.

Jiang Feng, époux de Mei Xuan, est devenu sans domicile à cause de la persécution de Falun Gong. ‘’La police dissimulée dans notre cour, a tenté à plusieurs reprises de l’arrêter’’, a-t-elle déclaré. Une fois, 20 agents de police lui ont tendu une embuscade, mais il a réussi à les éviter.’’

Les premières arrestations de Mei Xuan et de Jiang Feng se sont produites le 20 juillet 1999, lorsque le régime communiste chinois a lancé la campagne brutale pour persécuter les adhérents de Falun Gong.

Du fait de son poste de joueuse principale d’erhu dans un théâtre, son employeur s’est porté garant pour elle. Cependant, Jiang a été condamné à trois ans de prison.

Elle a pu lui rendre visite en prison une fois, mais seulement avec sept ou huit agents de police les surveillant. Au cours des trois années suivantes, elle n’a plus été autorisée à le voir à nouveau.

Jiang a été libéré le 30 novembre 2002, après avoir purgé sa peine de prison. A peine quelques jours avant sa libération, Mei Xuan a été arrêtée dans la rue et plus tard, condamnée à quatre ans de prison.

‘’Une prison chinoise est simplement un enfer sur terre’’

Interrogée sur sa vie en prison, Mei Xuan a répondu avec une simple phrase: ‘’C’était comme les reportages sur le site Internet Minghui [Clearwisdom] [par les pratiquants de Falun Gong].’’

Pressée à plusieurs reprises avec la même question, Mei Xuan a raconté la première visite de son frère en prison. Sa famille, y compris son frère qui est procureur, pensait que sa vie en prison n’était pas si mauvaise. Mais ce dernier a été stupéfait lorsqu’il lui a rendu visite et l'a vu effectuer des travaux épuisants. Lorsque le frère et la sœur se sont rencontrés, ils se sont étreints en pleurant.

La prison servait du riz rance et des légumes pourris cuits à l’eau. Les prisonniers fabriquaient des vétements destinés à l’exportation. Ils devaient se lever à 04 h tous les matins, et travailler 13 à 14 heures, souvent même 17 heures par jour. Quelquefois, ils travaillaient toute la nuit. La police les surveillait 24 heures sur 24, leurs primes étant basées sur le travail des prisonniers.

Il y avait prés de 200 prisonniers, a t-elle dit, et tous les jours, plusieurs mourraient—certains d’épuisement, certains de maladies non soignées, certains d’accidents liés au travail, d’autres suite au coups de la police, d’autres devenaient simplement fous, et d’autres encore se suicidaient.

Les doigts de nombreuses personnes étaient amputés ou blessés par les aiguilles des machines à coudre parce qu’ils souffraient de graves privation de sommeil. ‘’Une prison chinoise est simplement un enfer sur terre’’ a déclaré Mei Xuan.

Pendant une période de 75 jours, Mei Xuan a été soumise à des tortures brutales. A cette époque, elle avait été kidnappée par la police qui cherchait des informations sur un avocat qui défendait les pratiquants de Falun Gong.

‘’Dans le but d’obtenir ma déclaration, ils ont continué à me battre. Mon corps était couvert de blessures. Ils ont aussi menotté mes mains et mes pieds à une chaise de fer. Je n’ai pas été autorisée à dormir pendant 75 jours. Même la chaise était déformée. Pendant deux mois et demi, ils m’ont simplement menottée de la sorte….’’ Mei Xuan s’est interrompue.

Il y a eu un long silence. Finalement, elle a secoué la tête et affirmé : ‘’Je ne veux plus parler de cela, .’’ Elle a mis fin à la conversation.


En attente de réponses concernant l’enlèvement de son époux.

Mei Xuan n’avait toujours pas de nouvelles sur la situation de son époux depuis sa disparition à l’aéroport Pudong de Shanghai avant de prendre un vol pour les Etats-Unis, le 18 février.

Le journaliste de The Epoch Times a appelé le Département des affaires consulaires au ministère des affaires étrangères de Chine, le 22 février et s’est enquis de l’arrestation de Jiang auprès d’un fonctionnaire du Bureau 610 de Shanghai. Après avoir parlé avec un superviseur, le fonctionnaire a déclaré que la situation devait avoir été approuvée par le gouvernement central et n’avait rien à voir avec le ministère des affaires étrangéres. Le journaliste s’est vu conseiller de contacter le bureau général du comité central du Parti communiste de Chine (CPC).

L’appel a été passé, mais la personne qui a répondu au téléphone a raccroché immédiatement.

Le 22 février, le journaliste a aussi appelé le Bureau de la sécurité nationale à Shanghai ; une personne qui a répondu au téléphone a refusé de révéler quoi que ce soit.

Un appel au Bureau 610 de Shanghai a été reçu par quelqu’un dont le nom de famille est Gong. Lorsqu’il lui a été demandé comment le Bureau 610 allait traiter l’incident, il a répondu : ‘’Je dois comprendre ce qui s’est passé.’’

Deux agents du poste de police Pudong à Shanghai ont déclaré au journaliste de The Epoch Times qu’ils n’étaient pas au courant de la disparition de Jiang, mais qu’il avait probablement été enlevé par la police du Bureau 610 et le Bureau de la sécurité nationale. Ils ont conseillé à la famille de réclamer sa libération.

Article original en Chinois


Traduit de l'anglais de :
http://www.theepochtimes.com/n2/content/view/30245/

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